Les Policiers Municipaux de plus en plus sollicités

Publié le par snpmpicardie

source le Courrier Picard  ici :   link

 

 

SÉCURITÉ |

Les agents de la ville de Compiègne sont souvent interpellés par les administrés pour des missions qui ne sont pas les leurs. Ils expliquent jusqu'où ils peuvent intervenir.

 

Mardi, 16 heures, square Saint-Germain à Compiègne. Deux groupes de SDF se sont formés, bouteilles d'alcool à la main près de l'aire de jeux des enfants. Les policiers municipaux interviennent pour qu'ils vident leur bière, déjà bien entamée, et font s'éparpiller les groupes. Une intervention de routine, qu'ils effectuent plusieurs fois par jour, pour assurer la tranquillité des Compiégnois, et faire respecter les arrêtés municipaux. « Une de nos missions est de faire respecter le bon ordre, mais on ne peut pas gérer la présence d'un SDF comme on gère un stationnement gênant. Les agents sur le terrain ont une grande capacité d'écoute et de mise en confiance des personnes, que nous connaissons bien », raconte le chef de la police municipale de Compiègne, Denis Rémy. Les missions de ces agents sont variées : encadrement de manifestations, gestion du stationnement payant ou encore veille du bon ordre public.

Pas de maintien de l'ordre public, ni d'enquête



À Compiègne, deux phénomènes mobilisent aussi les 27 policiers de la Ville : les mariages trop bruyants et démonstratifs, pour lesquels ils relèvent « toutes les infractions au code de la route des personnes qui ne respectent pas les règles, sous prétexte qu'ils sont de cérémonie ». Et les rodéos dans les quartiers : « Nous sommes là pour dissuader et tenter d'identifier les personnes en flagrant délit », explique Denis Rémy. Car la police municipale ne peut interpeller qu'en flagrant délit. C'est ce qui la différencie de la police nationale : « Nous ne faisons pas de maintien de l'ordre. Ni du travail d'enquête », précise Denis Rémy.

Une différence parfois difficile à faire entendre aux administrés. « Ils ne perçoivent pas toujours les limites de notre mission. Cette confusion peut être frustrante, quand on nous reproche de ne pas faire des choses, qui ne font pas partie de nos prérogatives », confie le chef de la police municipale, en référence à une réunion au quartier Bellicart. Le maire a été interpellé par un habitant, qui lui reprochait de ne pas intervenir sur les stationnements abusifs à l'Écharde. « Là-bas, la problématique est telle que c'est à la nationale d'intervenir, pas à nous, sous peine de créer un trouble à l'ordre public en étant accueillis par des jets de pierres. Ce n'est pas à nous non plus d'enquêter sur les trafics de stupéfiants par exemple. Le stationnement, c'est notre affaire, mais le risque de débordement, c'est celui de la nationale ». Même chose sur les nombreuses manifestations, comme la fête Jehanne d'Arc : « Nous assurons la sécurité de la manifestation, mais si ça déborde, cela devient du maintien de l'ordre public, c'est aux collèges de la nationale d'intervenir ».

Éric Verrier, maire adjoint chargé de la sécurité à Compiègne confirme que « le maire est de plus en plus sollicité pour des questions de sécurité qui ne sont pas du ressort de la police municipale. L'État entretient cette confusion. La tenue et la sérigraphie des véhicules des agents, ressemblent beaucoup à celles de la police nationale, ce qui sème le trouble », lance t-il.

Les policiers municipaux ont vu leurs missions s'étendre ces dernières années. Ils sont maintenant autorisés à faire de la mise en fourrière, par exemple, ou à interpeller des personnes en état d'ivresse manifeste. Une procédure longue, qui nécessite de passer par les urgences de l'hôpital.

Des missions qui sont aussi dans les prérogatives de la nationale, où on précise « q u'une convention est signée entre le Préfet, le procureur et les instances policières et municipales, afin de répartir les missions de chacun ».

 

CINDY LÉCRIVAIN

 

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