des violences contre un journaliste par des agents municipaux à Montreuil

Publié le par snpmpicardie

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Communiqué de l'agence de presse TSVP après des violences contre un journaliste par des agents municipaux à Montreuil, et une atteinte caractérisée à la liberté de la presse.

Mardi 21 mai, un journaliste de l'agence de presse audiovisuelle Tournez S'il Vous Plaît a porté plainte pour "violences aggravées" contre le chef du service de la tranquillité publique de la mairie de Montreuil. Dans la nuit de samedi à dimanche, ce journaliste avait été victime de violences physiques et verbales commises par des agents de ce service après les avoir pris en photo dans la rue afin d'établir qu'ils étaient porteurs d'un armement non autorisé, des bombes lacrymogènes puissantes. Une ITT de trois jours (hémorragie de l'œil droit) a été constatée par le service des Urgences Médico- Judiciaires de l'Hôtel Dieu.

L'agence Tournez S'il Vous Plaît porte plainte pour atteinte à la liberté de la presse.

Le service de la tranquillité publique de la mairie de Montreuil est constitué d'une équipe d'agents de la mairie (ASVP, agents de surveillance de la voie publique) qui ne sont pas des fonctionnaires de police. Selon les textes, la mission de surveillance des ASVP consiste essentiellement à verbaliser le stationnement et constater les infractions au règlement sanitaire. A Montreuil, ils sont pourtant équipés de bombes lacrymogènes de 500 ml, arme de sixième catégorie qu'ils ne sont pas autorisés à utiliser (décret n° 2000- 276 du 24 mars 2001). De plus, ces agents municipaux n'ont absolument aucun droit d'exercer le moindre geste de coercition ou de faire usage de la force. Selon le syndicat national des policiers municipaux-FO, selon la CFTC Police municipale, selon l'Union syndicale professionnelle des policiers municipaux, par ses missions, sa tenue, et surtout son armement, le service de Montreuil ne respecte pas la réglementation extrêmement stricte qui encadre les activités des ASVP en France.


A Montreuil, notre journaliste venait d'établir formellement, par des photos prises avec un téléphone portable que l'équipe de la "tranquillité publique" était équipée de ces bombes lacrymogènes de 6ème catégorie alors qu'elle menait une mission de sécurité aux abords d'un concert. Une situation emblématique de pratiques hors la loi, les photos étant des documents journalistiques destinés à nourrir une enquête au long cours sur ce thème.

Ayant vu que le journaliste les prenait en photo, Denis Hochard, chef de la tranquillité publique, l'a aussitôt enjoint verbalement d'effacer les photos prises. Le journaliste a immédiatement fait part de sa qualité et montré sa carte de presse. Il a refusé de céder à ce qui constitue une atteinte grave aux droits de la presse : saisir de force un outil de prise de vue, détruire des documents en possession d'un journaliste sont des violations de la loi et des atteintes au droit de l'information. En revanche, il est parfaitement légal de prendre des photos de fonctionnaires ou agents municipaux sur la voie publique. 
La scène a été filmée en partie par un témoin oculaire. La vidéo est sous main de justice. Sa bande-son révèle les insultes et menaces proférées à l'encontre de notre journaliste par monsieur Hochard. "J'ai 52 ans, ce n'est pas un petit merdeux de ton âge qui va me casser les couilles, alors maintenant tu vas me donner le code de ton appareil et on va virer les photos que t'as pris de moi" ; "Je vais te démonter la gueule! Casse toi, je vais te démonter la gueule!" "Tu vas te le mettre dans ton cul ton appareil!". Journaliste, ou citoyen, recevoir de telles menaces de la part d'un agent municipal doit être lourdement puni.

Par des gestes totalement inacceptables, Monsieur Hochard, ainsi que plusieurs membres de son service, ont alors physiquement maîtrisé notre journaliste, l'ont plaqué contre un mur puis au sol avant de l'obliger à lâcher son téléphone par l'usage d'un poing électrique porté sur la main. La détention de ce poing pose aussi question. Monsieur Hochard a ensuite effacé les photos qu'il redoutait, non sans ensuite menacer et insulter notre journaliste.

Cela constitue un abus de pouvoir caractérisé, avec violence. Une enquête sur ces faits a été demandée ce jour par plusieurs syndicats de police municipale. À Bobigny, le procureur de la République est saisi de l'affaire.

Hier, la mairie de Montreuil, par la voix de Sébastien Maire, directeur de cabinet de Dominique Voynet, reconnaît que notre journaliste a été "maîtrisé au sol" mais déclare pourtant à l'AFP que ce salarié de notre agence de presse était "dans un état second" et aurait "insulté les agents de sécurité les traitant de fachos et de milice". Nous nous indignons de ces accusations graves et rappelons que ce journaliste, titulaire de la carte de presse, habitué à l'investigation et auteur de nombreux reportages télévisés, sait faire preuve de sang-froid et ne se montre d'aucun partis-pris si ce n'est celui des faits.

Tournez S'il Vous Plaît est une agence de presse fondée il y a onze ans, elle collabore à des magazines d'information tels que Zone Interdite ou Enquête Exclusive (M6), Des Racines et des Ailes ou Pièces à Convictions (F3), Reportages (TF1), et produit des documentaires pour Arte, France 4, France 5.

Contact Tournez S'il Vous Plaît :

Agnès Molia - directrice de la rédaction - +33 6 14 10 89 63
Christophe Brulé - rédacteur en chef - +33 6 43 40 90 30

www.tsvp-prod.com

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