Forces de l'ordre et policiers de la police municipale municipaux à armes égales ?

Publié le par snpmpicardie

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Forces de l'ordre et policiers de la police municipale municipaux à armes égales ?

Publié le vendredi 17 juin 2011 à 09H05

« Quand on parle de police municipale, on pense à la surveillance de la crèche, des sorties d'école ou on la cantonne à la police de stationnement. Mais de plus en plus nous secondons la police nationale ou la gendarmerie qui manque cruellement d'effectifs. »

Dans l'Aisne, ils sont un peu moins de 90 policiers municipaux répartis dans huit communes. Deux particularités: la police municipale de Chauny est dotée depuis 1 mois du Taser tandis que celle de Villers-Cotterêts est la seule à être mobilisée 24h/24 et équipée d'une arme à feu. Le point de la situation et des revendications de la profession. faut-il équiper tous les policiers municipaux d'une arme à feu? Les maires axonais sont divisés.

A l'occasion des premières rencontres nationales de la police municipale à Nice, Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur a évoqué l'ouverture du débat sur l'armement généralisé des policiers municipaux Laurence Bessadet-Louvion est policière depuis 2007, au sein de la police municipale de Villers-Cotterêts. Déléguée départementale du syndicat national des policiers municipaux (SNPM), elle explique son quotidien, son métier et les principales revendications de la profession en proie à un malaise profond. « Nous sommes une police bradée », assure-t-elle.

Vous demandez la généralisation de l'armement, pourquoi ?

Laurence Bessadet-Louvion : « Il y a environ 20 000 policiers municipaux en France répartis dans 3 500 communes qui sont de plus en plus exposés, face à des délinquants lourdement armés, qui s'attaquent à la personne plus qu'aux biens. 76 % des effectifs disposent d'une arme de 6e catégorie (bâton de défense, bombe lacrymogène) et/ou d'une arme de 4e catégorie (arme à feu et pistolet à impulsion électrique). Nous sommes la 3e force de sécurité publique. L'incident le plus marquant a été le décès d'Aurélie Fouquet, le 20 mai 2010 à Villiers-sur-Marne mettant en lumière la dangerosité de notre quotidien. »

Pourtant Aurélie Fouquet était munie d'une arme de poing

« Oui mais les médias ne disent pas qu'il y a eu une défaillance dans la concertation des services. Aurélie Fouquet intervenait sur un accident sans savoir que les forces de l'ordre étaient à la poursuite de braqueurs armés. Elle aurait appréhendé la situation différemment si la police municipale avait été prévenue. Aucun journaliste ne dit non plus que le collègue de la jeune femme qui n'avait pas d'arme à feu a pu avoir la vie sauve en tirant avec l'arme de sa collègue.

Quelles sont les missions précises d'un policier municipal ?

« Quand on parle de police municipale, on pense à la surveillance de la crèche, des sorties d'école, des tâches d'un garde champêtre. Mais de plus en plus nous secondons la police nationale ou la gendarmerie qui manque cruellement d'effectifs. On est la police de proximité.

Nous dépendons directement du maire. Nous sommes assermentés. On a le pouvoir de constater les crimes, les délits et infractions notamment en ce qui concerne le code de la route. On peut interpeller des personnes en flagrant délit. On peut intervenir en appui des gendarmes et policiers lors de contrôles routiers, de perquisitions… On ne peut pas mener une enquête ou placer en garde à vue, seul un officier de police judiciaire peut le faire. »

Ce qui est sensiblement identique aux attributions d'un gardien de la paix par exemple…

« Oui, à peu près effectivement. On demande d'ailleurs à ce que les fonctions de la police municipale soient harmonisées. Pour rentrer dans la police municipale, il faut passer un concours, nous suivons une formation assez longue de 6 mois et pour être habilité au port d'une arme de 6e ou 4e catégorie, il faut aussi suivre une formation. Les policiers municipaux font partie de la chaîne judiciaire. Nous sommes des agents de police judiciaire adjoints. »

Et que répondez-vous à ceux qui disent que vous doter d'une arme de poing reviendrait à « armer des cow-boys » ?

« Ça ne gêne personne qu'on donne une arme à feu aux adjoints de sécurité de la police nationale au bout seulement de quinze jours alors que la plupart ne vont pas rester longtemps dans la police. L'utilisation d'une arme à feu est très encadrée. La police municipale est très ancienne, elle remonte à l'ancien régime. C'est une police qui a déjà fait ses preuves et qui ne va pas faire n'importe quoi. À tort, les gens pensent que si on nous dote d'une arme à feu, nos pouvoirs et actions seront agrandis. Ce n'est pas le cas. Ce sont nos missions étendues qui nécessitent l'armement.

A Villers-Cotterêts, par exemple, la PM fonctionne 24 h/24 avec des patrouilles le soir, où nous surveillons les bâtiments communaux, la voie publique. On intervient pour les différends familiaux, les cambriolages… Nous arrivons parfois avant les gendarmes.

Nos missions se sont accrues au fil des années. On est maintenant au cœur de l'action suppléant policiers et gendarmes, ce qui entraîne une hausse des risques. J'ai tendance à comparer la situation actuelle de la police municipale et les brigades du tigre de Clémenceau. A l'époque, la police n'avait plus les moyens de lutter contre la délinquance qui avait subi une profonde mutation et il a fallu toute l'énergie d'un seul homme, Clémenceau pour bouger les choses. Les précurseurs aujourd'hui sont Messieurs Estrosi et Guéant. »

Il y a un an Nicolas Sarkozy avait déjà promis une étude de la situation de la profession et puis l'association des maires de France semble montrer quelques réserves, ne pensez-vous pas qu'il s'agit d'un énième effet d'annonce non concrétisé ?

« Messieurs Estrosi et Guéant semblent réellement convaincus qu'il faut faire évoluer notre statut. Quant à la réticence des maires, c'est parce que la plupart ont peur de la responsabilité pénale qui en découle. A Villers-Cotterêts, les policiers municipaux sont armés, il n'y a jamais eu de souci. Il n'y a jamais eu aucun coup de feu de tirer d'ailleurs ce qui prouve que nous ne faisons pas n'importe quoi. »

L'arme à feu n'est pas votre seule revendication.

« On demande un statut dérogatoire comme l'on fait les pompiers avec dix revendications dont la revalorisation des carrières.

Au bout de quatre ans, je suis à 1 300 euros brut et avec une très faible progression possible.

Un gendarme commence à 1 500 euros. A cela s'ajoutent des primes en fonction de la richesse de la commune. Ces primes ne sont pas prises en compte lors du calcul de la retraite.

On demande aussi la dotation pour tous du gilet par balle, actuellement seulement 40 % des policiers municipaux en sont dotés. »

Aurélie BEAUSSART (abeaussart@journal-lunion.fr)

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Publié dans info presse Aisne

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