Beauvais, un an exactement après le 11 septembre
Un an exactement après le 11 septembre qui a vu l’agression de trois agents à Beauvais, le résultat dans l’appel du procès de l’agresseur est tombé cette semaine, ridiculement faible : 2500 euros d’amende et quelques mesures autant gadgets que déconnectées de la réalité quotidienne rencontrée sur le terrain.
Nous tenions avant tout à rendre hommage à la grande dignité des agents et tout particulièrement à celle de Joël qui a pu se rendre à chacune des audiences malgré la pression rencontrée, et qui a taché, avec ses mots, d’expliquer le cauchemar qu’il a vécu avec ses collègues au soir du 11 septembre 2010.
Ce résultat décevant a plusieurs explications : un dossier dans lequel il manque beaucoup d’informations permettant ainsi à la défense de distiller le doute, une réforme de la garde à vue qui est passée par là annulant une partie de la procédure et … un contexte général défavorable aux forces de l’ordre, renforcé par le fait qu’avocats et jugent connaissent peu ou prou les compétences de la Police Municipale et s’y intéresse dans l’urgence d’un procès.
Alors, que faire? Tout d’abord un constat : l’APM marche sur deux pieds dans sa profession: d’une part, sa Mairie qui est sensée lui accorder protection et…soit il est seul espérant tenir le coup, soit il choisi de se syndiquer pour être soutenu et conseillé afin de faire entendre sa voix au tribunal et à l’extérieur de celui-ci.
Ensuite, nous ne pouvons pas céder au découragement car nous avons bien souvent choisi ce métier par conviction et si nous nous retournons, nous nous apercevons que nous sommes « la dernière ligne » et qu’’il n’y a plus personne derrière nous. Nous retournons donc dans la rue en étant davantage prudents pour nous même et nos collègues et en attirant leur attention sur la nécessité d’être syndiqué pour 1) faire avancer la profession 2) pour nous protéger dans cette société qui a besoin de nous mais ne fera rien pour nous aider en cas de souci.
Pour vous aider, nous n’avons pas trouvé de mieux.
Nous vous demandons donc beaucoup de réalisme et profitons de cette occasion pour tous vous remercier de votre travail, au quotidien, dans vos communes et, à force d’essayer, à force d’attaquer, ça va passer.
Stéphane LE GRAND et Matthieu VOLANT
Délégués Régionaux (Picardie)
du Syndicat National des Policiers Municipaux
06 61 57 88 09
06 34 05 24 37