Policiers renversés : peine allégée pour le conducteur

Publié le par snpmpicardie

Cour d'appel Amiens le 22 juin 2011
Cour d'appel Amiens le 22 juin 2011
par snpmpicardie

 

Il avait renversé deux policiers à Beauvais il y a un an. Hier, la cour d’appel d’Amiens a réduit la condamnation de Christopher D. à 2 500 € d’amende et un an de suspension de permis.

PAULINE CONRADSSON | Publié le 08.09.2011, 07h00

COUR D’APPEL D’AMIENS, le 22 JUIN. Les policiers municipaux (de g. à d. : Mathieu Volant, Joël Magot, l’un des policiers blessés, et leur avocate Me Heurton) souhaitaient « une décision exemplaire pour éviter l’appel d’air ». | (LP/P. CO.)
« Allez-y! Foncez sur un policier! Un flic sur un pare-brise, ça ne coûte que 2500 €! » C’est avec colère que Frédéric Foncel, le président du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM), a réagi hier à Amiens à l’annonce du délibéré dans l’affaire des policiers renversés de Beauvais.
La cour d’appel venait de rendre son jugement en seconde instance en condamnant Christopher D, 22 ans, à 2 500 € d’amende, un an de suspension du permis de conduire et l’interdiction de ses droits civiques et familiaux pendant cinq ans. Le jeune homme devra en outre verser des dommages et intérêts à chacune des trois victimes. Un jugement plus clément que le précédent, bien que l’appel ait été interjeté par le parquet de Beauvais qui le jugeait insuffisant.

L’affaire a relancé le débat sur l’armement des agents municipaux

Ce soir du 11 septembre 2010, un groupe de jeunes joue au ballon dans le quartier Bellevue à Beauvais. Une patrouille de police municipale intervient après une plainte de riverains. Les agents demandent leurs papiers d’identité aux jeunes. Certains refusent. La situation dégénère. Et quand son cousin tient tête à un policier, Christopher s’interpose. Il prendra un coup de matraque sur l’arcade. Blessé, il monte dans la Mercedes de son beau-père, stationnée quelques mètres plus loin et fonce. Il renverse deux des agents, blessant l’un à la tête et l’autre au poignet. Il prendra la fuite avant de se rendre quelques heures plus tard.
L’affaire fait alors le tour des médias nationaux. Les syndicats en profitent pour relancer le débat sur l’armement des policiers municipaux. Christopher est condamné à deux ans de prison avec sursis quelques semaines après les faits. Le parquet fait appel. Lors du procès en appel à Amiens au mois de juin, le procureur requerra deux ans de prison dont dix-huit mois ferme. Mais le tribunal en a décidé autrement hier en rendant son délibéré. « Il n’y a aucune considération pour les victimes, s’emporte Frédéric Foncel. On reconnaît qu’il est coupable, mais on ne le condamne pas! C’est un appel d’air. » Le syndicat envisage d’interpeller le ministère de la Justice.
Du côté de la défense, c’est le soulagement. « Le tribunal a redonné à cette affaire la dimension qu’elle devait avoir, se félicite Me Hubert Delarue, avocat de Christopher. C’est l’histoire de gosses qui jouent au ballon et d’un jeune qui panique. Il n’y a à aucun moment d’intention homicide. »
Hier soir, c’était le soulagement dans la famille Demoré. « Christopher va enfin pouvoir faire sa vie comme tout le monde, soupire Céline, sa mère. Ça lui a servi de leçon, mais c’est quand même allé très loin pour une simple histoire de ballon. L’argent, ce n’est pas grave. L’important, c’est que mon fils n’aille pas en prison. On a vécu avec une boule dans l’estomac en attendant le jugement. Maintenant, on va enfin revivre. »
Demain, Christopher a prévu de partir en vacances. A son retour, il se remettra à chercher du travail comme électricien.

Le Parisien

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Publié dans info presse Oise

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